Le problème avec le numérique (adieu les TIC, les TICE, les TUIC …), c'est que l'on s'en fait une montagne. Si c'est pour perdre du temps à préparer encore des activités éphémères en plus, ce n'est pas la peine.

Mais non, le numérique ce n'est pas ça. Au contraire … si l'on prend le sujet par le bon bout et surtout si l'on décomplexe. Décomplexe de quoi ? Du satané syndrôme «Jenesuispasdoué(e)eninformatique». Ou pire, sa forme maligne, «Jenaijamaisaimélinformatique». Elle touche plus d'un-e enseignant-e sur deux. La situation est grave.

Pourtant un remède existe.

Et il ne s'agit pas d'un remède miracle. La solution se résume à 2 principes :

1.  Faire simple
Il est utile de définir ce mot « simple » : il signifie ici ce que vous maitrisez. Prenons un cas extrême : une école isolée sur une île. Pas d'ordinateur, pas de connexion Internet. Dur, dur. Mais un appareil photo numérique. Ce petit appareil offre de nombreuses possibilités : gérer des fichiers, naviguer dans des dossiers,... Vous en connaissez l'usage. Vos élèves pas forcément. Le numérique, c'est aussi ça.

2. Faire faire par les élèves
Donc il faut se le dire, utiliser soi-même l'appareil photo, le vidéoprojecteur, la tablette... ne produit aucun apprentissage chez l'élève. C'est l'élève qui doit « faire ».

Vous avez la chance d'avoir une tablette ? Profitez-en et faites confiance à vos élèves. La consigne doit être claire, le cadre donné en début de séance. Vous allez voir : ils vont vous épater.
Vous ne connaissez que le traitement de texte ? Faites saisir un texte préalablement rédigé à la main.
La dictée du jour ? Ayez le réflexe Traitement de texte.

Utilisez également quelques sites d'exercices en ligne. Bien choisis, ils vous permettront de faire travailler vos élèves en toute sécurité. En plus, vous trouverez de formidables outils de différenciation. En saisissant « exercices en ligne » dans un moteur de recherche, vous obtenez dix premiers sites pertinents.

Et après ?

Vous aimeriez aller plus loin mais ne savez pas par où commencer ? Je vois le numérique comme une échelle avec des barreaux de couleur. Chaque prof a une échelle qui est est différente de celle des autres. Le nombre de barreaux est différent ; la couleur des barreaux, qui correspond à un usage, est variée ; l'ordre de ces barreaux est différent d'une personne à l'autre.
Rester sur un barreau est rassurant mais passer au suivant est nécessaire. Vous connaissez peut-être cette citation de Jacques Brel :
"Ce qu'il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong-Kong, ça n'est pas d'aller à Hong-Kong, c'est de quitter Vilvoorde." J'ose donc paraphraser Jacques Brel : "Ce qu'il y a de difficile, pour un prof qui voudrait se lancer dans le numérique, ça n'est pas de faire un long-métrage en HD sur ipad avec ses élèves, c'est d'oser faire faire de petites choses toutes simples à ses élèves."

A ces principes de simplicité et de « par l'élève », je rajouterais donc juste « Faites-vous confiance ». Il vous arrive peut-être d'écrire l'appréciation « manque de confiance en soi » sur le livret d'un élève. Imaginez que cette appréciation soit inscrite sur votre livret de compétences à vous. Alors lancez-vous. A petits pas. Avec confiance.

Partagez vos usages en écrivant à support@edumoov.com ! Vous ferez sans doute partie de la compil' des usages numériques qui marchent dans un prochain article !